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Tu as tout fait comme il faut. La toute nouvelle caméra d'action, la stabilisation au maximum, l'horizon à niveau activé. La photo ci-dessous immortalise ce moment : la caméra fixée sur le harnais de poitrine, l'installation est impeccable, prête à partir.
Pourtant, une fois la vidéo visionnée chez soi, la caméra subjective est truffée de minuscules tremblements que l'appareil était censé éliminer. Voici la vérité, aussi dérangeante soit-elle : la stabilisation électronique ne corrige que les mouvements qui atteignent le capteur. Elle est impuissante face aux mouvements qui se produisent entre la caméra et le sujet. Et la plupart de ces mouvements sont invisibles sur une photo comme celle-ci.
Regardez la photo ci-dessous. La caméra n'est pas fixée directement sur vous ; elle est fixée à un support, lui-même fixé à votre équipement, qui suit les mouvements de la route. Voilà le véritable parcours de vos images :
Caméra → Connexion → Fixation → Sangle ou pince → Boîtier ou engrenage → Mouvement
La caméra ne contrôle que le premier maillon. Chaque maillon suivant peut générer son propre mouvement. Si le tremblement provient d'un maillon de la chaîne, aucune mise à jour du micrologiciel ne pourra le corriger.
La cause la plus fréquente des tremblements de la caméra subjective est aussi la plus banale : une connexion mal serrée. Sur la photo ci-dessous, chaque élément est suspect : la boucle qui semble fermée mais ne l’est pas complètement, la sangle légèrement détendue, la vis moletée dont il reste un demi-tour.
Rien de tout cela n'est visible à l'œil nu. Pourtant, chaque élément permet à la caméra de pivoter d'une fraction de degré, des milliers de fois par trajet. La stabilisation électronique est conçue pour de faibles mouvements du capteur ; un seul élément mal fixé déplace toute la caméra, et compenser ce mouvement exige un recadrage important – ce qui explique pourquoi vos images sont à la fois tremblantes et floues.
Passons maintenant en revue les positions de montage une par une, car la position détermine quels mouvements du corps atteignent l'objectif.
Le capteur pectoral est le premier à offrir une expérience visuelle optimale : l’image ci-dessous illustre parfaitement ce qu’il capture : vos mains, le guidon et la route devant vous. Une large sangle, répartie sur les tissus mous, agit comme un amortisseur naturel, absorbant une grande partie des vibrations haute fréquence avant même qu’elles n’atteignent le capteur. C’est pourquoi les images prises avec ce capteur pectoral paraissent souvent plus calmes que les sensations réelles ressenties à vélo : le prix à payer est une sensation de vélo légèrement plus basse et plus proche du corps.
Déplacez la même caméra sur le guidon, comme sur la photo ci-dessous, et la physique change complètement. Un guidon est rigide par nature ; c’est ce qui en fait un bon point de contrôle pour un vélo.
Mais la rigidité a ses inconvénients : chaque vibration du sentier se propage à travers le guidon, jusqu'à la fixation, puis directement à la caméra, sans quasiment aucun élément pour l'absorber. Les images filmées au guidon sont particulièrement sujettes aux vibrations à haute fréquence. Si vos séquences sont nettes mais saccadées, c'est généralement la fixation qui est en cause, et non le réglage de la stabilisation.
Le même principe s'applique aux images embarquées. Sur la photo ci-dessous, la caméra est fixée à un support clipsé au pare-soleil, c'est-à-dire qu'elle repose sur un long bras en plastique fixé au toit.
Les voitures ne vibrent pas comme les vélos ; elles s'inclinent et flottent. Le roulis en virage, les mouvements de suspension sur les bosses : tout cela actionne le bras de la caméra, qui amplifie l'amplitude du mouvement. C'est pourquoi les séquences vidéo, comme celles affichées sur le tableau de bord, oscillent latéralement même sur une route lisse : le mouvement que vous observez est celui du toit de la voiture, actionné par un levier.
Attachez l'appareil photo à votre poignet (comme ci-dessous) et vous le fixez à la partie la plus mobile de votre corps. Chaque geste, chaque changement de vitesse, chaque ajustement de votre prise en main devient partie intégrante de la photo.
C’est précisément pour cela que les images filmées au poignet paraissent si vivantes – et qu’elles punissent les erreurs techniques plus sévèrement que toute autre monture. Des mouvements de main lents et précis donnent un rendu cinématographique ; des mouvements rapides et combinés virent au chaos. Si vous recherchez cet effet « point de vue des mains », planifiez vos mouvements comme un cadreur, et non comme un simple cavalier.
Les supports flexibles, comme le support de cou ci-dessous, adoptent volontairement une approche différente. Ce tube en silicone souple, recouvrant un noyau métallique profilé, sert d'élément d'amortissement.
Il absorbe les vibrations haute fréquence qui rendent les enregistrements de pas saccadés et assure un confort optimal même lors de longues sessions. En contrepartie : les mouvements lents et de basse fréquence, comme regarder autour de soi, sont légèrement plus instables. Aucune des deux méthodes n'est « idéale ». Les supports rigides offrent des images nettes et précises ; les supports flexibles, quant à eux, offrent une texture plus douce et un confort durable. Savoir identifier le défaut en question permet de choisir de manière réfléchie plutôt que de deviner.
Une autre variable, la longueur, amplifie tous les effets précédents. Chaque centimètre de perche entre votre main et l'appareil photo (comme les sections allongées sur la photo ci-dessous) agit comme un levier. Une infime rotation au niveau du poignet se traduit par un mouvement beaucoup plus ample au niveau de l'objectif.
C'est pourquoi une prise de vue réalisée avec une perche entièrement déployée paraît deux fois plus tremblante que la même prise de vue avec la perche repliée, même avec des réglages identiques. Si la qualité de votre image se dégrade considérablement dès que vous déployez la perche, ce n'est pas la stabilisation qui est défaillante. Le bras de levier amplifie simplement votre mouvement.
1. Enregistrez 30 secondes avec votre configuration actuelle.
2. Resserrer chaque maillon de la chaîne — la bague de verrouillage sur la photo ci-dessous correspond exactement à cette étape — puis enregistrer à nouveau.
3. Raccourcissez le levier : repliez la perche, rapprochez la caméra.
4. Inverser la position de montage : poitrine au lieu du guidon, ou inversement.
5. Ce n'est qu'à présent que vous commencerez à expérimenter avec les niveaux de stabilisation.
Cinq courts enregistrements suffisent pour identifier le maillon faible. C'est plus rapide et moins cher que d'acheter un nouvel appareil photo.
Les paramètres de stabilisation et la qualité du montage sont les deux faces d'une même pièce. La caméra peut se stabiliser elle-même ; le support détermine le niveau de stabilisation restant à sa charge.
Réparez d'abord la chaîne, puis réglez la stabilisation — et vos images en vue subjective refléteront enfin les sensations ressenties lors de la balade.